Changement de direction. Tournez à droite après le troisième palmier rose.

Bonjour mes ptites licornes !

Comme le titre l’indique et comme vous avez pu le constater visuellement, le blog change de cap, de nom, tout ça tout ça.

Voici donc le nouveau blog : http://mlleaartus.wordpress.com/

Ce nouveau blog sera consacré à l’art, au lifestyle, un peu de mode, des voyages, des expos, le tout décliné sur mes thèmes de prédilection, à savoir la baroque, l’étrange, les curiosités, le kitsch, le XIXe siècle, l’histoire de l’art et de la mode…

Il y aura aussi une nouvelle rubrique : « Neutral », dans laquelle vous pourrez retrouver des articles sur les thèmes du naturel, un peu hipster, un peu boho, bobo, dans le genre « lin-coton-couleurs simples-DIY-retour à la nature ». Là, c’est mon côté bio qui parlera !

Les premiers articles seront des redites de certains articles postés ici, histoire de planter le décor !

Sur ce, bonne journée mes ptites licornes !

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Vanités et Gourmandises : pour ou contre la société de consommation ?

Pour continuer sur le thème de la Gourmandise, comme annoncé lundi et mardi, voici un article de fond sur la représentation des gourmandises dans l’art (principalement la peinture).

Tout a commencé avec la Réforme (avènement du protestantisme), les pays flamands voyant alors leurs peintres s’embarquer dans tout un tas de représentations allégoriques ou décoratives (voire les deux à la fois), consécutives à la réflexion religieuse fondamentale de l’époque ainsi qu’à un choix de représentation lié à cette religion, qui n’aime pas vraiment les représentations du corps, d’où l’émergence importante de natures mortes. Si vous êtes adeptes des musées des beaux-arts, vous aurez sûrement déjà vu des salles d’expos débordant de natures mortes et de vanités. Eh bien, la nature morte peut devenir une sorte de vanité. Le motif de la vanité traditionnelle, c’est celui avec le crâne et les os, pratiquement toujours accompagnés par les mêmes objets symbolisant la fin de la vie. Même dans les natures mortes, les peintres n’hésitent pas à pousser le vice jusqu’à y glisser un petit « memento mori » : si vous avez des fruits avariés, tachés, avec des mouches, dans une corbeille de fruits, on peut dire que c’est une forme de vanité.

Parmi ces natures mortes se détache un genre spécial : la nature morte de confiseries. Remettons-nous dans le contexte de l’époque : on découvre le sucre, les échanges commerciaux commencent, et c’est une denrée rare, donc de luxe. Tout produit à base de sucre, confiseries et friandises sont donc réservés à une élite. Produit nouveau dit également engouement et mode : ceux qui peuvent se le permettre adorent voir des confiseries sur leur table. Il faut savoir que le dessert, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est un mets purement aristocratique. Dans la gastronomie française, dont les lettres de noblesse commencent au XVIIe siècle, avec les banquets baroques, il est la conclusion raffinée d’un banquet contenant au moins 6 à 8 services. Les deux derniers étant consacrés aux desserts : le septième service est composé de fruits, laits parfumés sucrés, et biscuits. Le huitième service  est composé de confitures, pâtes de fruits, fruits confits, massepains, fruits en conserves, et produits candis de type meringues ou sucres parfumés. Perso, après le quatrième service, je roule sous la table. 8 services, c’est pas possible, faut vomir entre chaque, ou alors manger une bouchée de chaque plat.

La nature morte de confiseries apparaît vers 1600 environ. Et là, ça se corse : au début, le sucre est assimilé au miel, qui avait la même fonction, et le miel, c’est très bon spirituellement parlant. Les peintures ont, selon la tradition du Moyen-Age toujours en vogue ensuite, trois sens, dont des sens religieux. Donc, le sucre = miel = douceur spirituelle = y a pas de mal à se faire du bien = on représente les confiseries. Oui, ce serait trop simple. Sauf que, ça va pas durer. On va découvrir ensuite la teneur toxique du sucre, pour les rondeurs, le corps en général, les dents, l’humeur, etc… (lire Rousseau à propos de ça). On découvre qu’on peut devenir addict au sucre. Et donc, certaines natures mortes, tout comme les vanités, vont commencer à dénoncer cette mode du sucre, récurrente chez les aristos ou grands bourgeois. Vous pensiez être nés en pleine société de consommation ? Trop tard, le XVIIe siècle l’a déjà inventée. On sait aujourd’hui que l’Homme, dés sa naissance, court après le sucre, il adore ça et ne cesse d’y retourner, même inconsciemment (si vous détestez le sucre et que vous ne supportez pas la vue des friandises, attention, vous pourriez être dans le déni de l’enfance, et c’est un gros complexe qu’il faut gérer, ne m’envoyez pas les notes de votre psy, je n’y suis pour rien, c’est papa Freud qui l’a dit !). Il faut savoir aussi qu’on a assimilé petit à petit abondance de nourriture terrestre avec les plaisirs de la chair…

Le « bonbon » est régressif à souhait. Le sucre, c’est le plaisir à l’état pur, et en plus, c’est pas indispensable pour vivre, ce qui accentue ce plaisir. L’éducation va se charger de ça. Vous vous souvenez de la Comtesse de Ségur et de comment la gourmandise du sucre est sévèrement réprimée par l’auteur ? On est en plein dedans ! Comprenant que le sucre est un plaisir, l’éducation va en faire une récompense, avec une forme de réglementation enfant-bonbon. La notion d’interdit va doucement s’imposer : l’élan gourmand va être contraint, dénaturé, par une vision moralisatrice et puritaine. Cependant, cette diabolisation de la gourmandise sucrée va fatalement entraîner, dans l’esprit des enfants, une sur-valorisation du sucre, une sublimation du plaisir que les bonbons procurent. Et bim ! Voilà pourquoi, des générations après, le bonbon est d’abord symbole d’enfance, et surtout symbole de réconfort. Allié au fait que le sucre est un puissant anti-dépresseur, et vous comprenez pourquoi, quand un truc ne va pas, on se précipite sur les fraises Tagada, ou le pot de Nutella, ou le pot de glace, ou la tablette Côte d’Or (ça c’est moi). Bon, aujourd’hui, la gourmandises sucrée n’est plus vu comme une faute, elle est même drôlement encouragée par la pub et la société de consommation. Et donc, on assiste à une gros retour des visions alimentaires sucrées dans l’art, visions qui sont à 90% dénonciatrices de la société de consommation.

Voilà, un ptit résumé. Il y aurait une montagne de choses à dire sur le thème, mais je ne m’étends pas plus parce que cela constitue l’un de mes thèmes pour mon master 2, donc, pas tout d’un coup ! Et maintenant, si vous êtes toujours là après ce long pavé, petit tour artistique :

Natures mortes de confiseries et vanités anciennes

XVIIe siècle

1630-35

Abraham Mignon

Albert Samuel Anker 1896

Georg Flegel

Clara Peeters 1608

Georg Flegel vin et sucreries 1690

Georg Flegel desserts

Georg Flegel Nature morte avec pain et sucreries 1630

Osias Beert

Osias Beert

Osias Beert

Natures mortes et vanités contemporaines

Bernard Salunga

Cheech Sanchez

Damien Hirst

Dave Lebow

Elisa Anfuso

Eric A Ton

Erika Yamashiro

Lee Price

MabTO

Mark Ryden

Mark Scheider

Laurent Meynier

Scott Hove

Vanessa Wong

Sucreries et gourmandises dans l’art contemporain

Anne Barlow

Boo Ritson

Hubert de Lartigue

Cesar Santander

Christian Carlini

Cynthia Poole

Daniel Sannwald

Doug Bloodworth

Carl Warner

tanya schultz

ian bodnaryk

luigi benedicenti

nicola freeman

pamela michelle johnson

robert townsend

sarah e wain

sarah graham

Will Cotton

PS : Le terme « friandise » ne désigne pas à la base, un objet sucré, mais le goût des mets délicats. Etre « friand », c’est être gastronome en fait, c’est apprécier la nourriture fine, et sans excés. Ce terme est le contraire de la gloutonnerie, la goinfrerie, et de la gourmandise, qui induit à la base la notion de voracité. Ces trois mots sont le Mal, et la friandise, c’est le Bien (les majuscules sont là à dessein, tout ça, c’est très religieux). Si la friandise est un peu réprouvée par la morale, en revanche, elle ne constitue pas un affront ou une menace (carrément), car les « friands » ne vivent pas pour manger, contrairement aux « gourmands » ou aux « goinfres ». Donc, on peut représenter les mets délicats de la friandise, sans tomber dans le péché. La friandise devient le met lui-même vers le XVIe siècle, et ensuite, il devient l’aliment général, sucré de préférence.

Bonne soirée mes licornes !

Saturday Home Tour : Athelhampton, Tudor House

Reconnaissez-vous cette maison ? Non ???? Mais si, vous l’avez sûrement déjà vu dans des séries anglaises, ou même des films (voire pas anglais)… Il s’agit de la célèbre Athelhampton House, une véritable merveille Tudor, dans le Dorset, en Angleterre. On peut la visiter bien sûr, et c’est un vrai musée, la déco est juste superbe, et les couleurs somptueuses. Fermez les yeux et imaginez que vous vous appelez Elizabeth (ou Henri pour les messieurs. Ou bien les deux. Enfin, c’est comme vous voulez)…

Do you recognize this house ? No ? But yes, you certainly already saw it in English series, or even movies (even not English) … It’s famous Athelhampton House, real marvel Tudor, in Dorset, England. We can visit it of course, and it’s a real museum, the decoration is just haughtiness, and the luxurious colors. Close your eyes and imagine that you are called Elizabeth (or Henry for the gentlemen. Either both. Finally, it’s as you want) …

Belle journée !

 

Saturday Home Tour : Cornelis Le Mair, excentric and strange boho house

Aujourd’hui, pour le saturday home tour, je vous préviens : ça plaît…ou pas. Car il s’agit d’une maison très particulière. Cornelis Le Mair (un vrai nom de théâtre ou de roman !) est un peintre (oui, il est toujours vivant). Pas n’importe quel peintre : peinture à l’huile, et surtout des vanités. On dirait des tableaux de la Renaissance flamande, j’adore vraiment, technique parfaite et sujet parfait, je pourrais même le citer dans mon mémoire ! Mais bref. En tant que peintre de vanités, Cornelis a accumulé des tas et des tas d’objets, qui lui servent d’inspiration. Et ça donne une maison absolument incroyable : entre Alice au Pays des Merveilles, Cabinet de Curiosité et boho gypset à fond. Une mine d’or, faire des photos de mode là-bas serait vraiment l’extase !

Today, for the saturday home tour, I warn you : that pleases … or not. Because it’s a very particular house. Cornelis Le Mair (a real stage name or of novel ! ) is a painter (yes, he is always alive). Not any painter : oil paint, and especially vanities. We would say paintings of the Flemish Renaissance, I really adore, perfect technique and perfect subject, I could even quote him in my report ! As painter of vanities, Cornelis accumulated heaps and heaps of objects, which are of use to him as inspiration. And that gives an absolutely incredible house : between Alice in Wonderland, Cabinet of Curiosity and boho gypset completely. A gold mine, to make fashion photos over there would really be the ecstasy!

   

Il y a même un livre sur la maison !

Et si vous tapez « Cornelis Le Mair « sur youtube, vous trouverez quelques vidéos intéressantes !

Belle journée !

Le Musée des Beaux-Arts de Rouen, partie 1

J’ai pu visiter le musée des Beaux-Arts de Rouen lors d’une petite pause dans mon master (qui me prend quasiment tout mon temps, tellement je m’y investi, oui, je suis un peu maso, mais ça me plaît). Et j’ai été très agréablement surprise d’y découvrir beaucoup de toiles que je connaissais déjà mais sans les avoir vu en vrai et sans savoir qu’elles appartiennent au Musée des Beaux-Arts de Rouen… Et donc, j’ai adoré, forcément ! Voici quelques extraits de ma visite, uniquement les peintures, pour le reste je ferais un autre post…

I was able to visit the museum of the Fine arts of Rouen during a small break in my Master’s degree (which takes me almost all my time, so much I me invested, yes, I am a little masochist, but that pleases me). And I was very pleasantly surprised discovering it many paintings which I already knew but without having seen and without knowing that they belong to the Museum of the Fine arts of Rouen… And thus, I adored, necessarily ! Here is some extracts of my visit, only paintings, for the rest I would make another post…

Le Baroque, corps, religiosité et curiosité

Adrien Sacquespée, Le Christ en croix, 1656

Anicet Charles Gabriel Lemonnie, St Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan,1785 (genre, une pestiférée à demi-mourante, ça ressemble à ça ? Ahlalalala, le déni de la mort chez les Baroques…)

Domenico Piola, Anamorphose d’après Rubens, XVIIe siècle (Bluffant, vraiment…)

Gabriel Jacques de St Aubin, Portrait d’un artiste bossu, XVIIIe siècle

Jean-Baptiste Deshays, Saint André mis au tombeau, 1760

Le Caravage, Flagellation du Christ, 1607

Le Singe peintre, anonyme, XVIIIe siècle

Luca Giordano, Le bon samaritain, XVIIe siècle

Montalto, Apollon écorchant Marsyas, vers 1645

Philippe de Champaigne, Ecce homo, 1655

Pierre Mignard, Ecce homo, XVIIe siècle

Portrait de femme, France, XVIIe siècle (on dirait un visage d’homme… Comme quoi, le « no gender » ça date pas d’hier !)

Vanités, Natures Mortes et Trompe-l’oeil

Vanité, Hollande, vers 1630

Bachelier, Tête bizarde de daim (non, je n’ai pas fait de fautes, c’est écrit comme ça)

Boilly, Raisins blancs, XVIIe siècle / XVIIIe siècle

Gijsbrechts, Armoire en trompe-l’oei,l 1665

Vien le fils, Trompe-l’oeil avec un crucifix, 1819

Les Merveilleuses

Portrait de Rose Ducreux, fin XVIIIe siècle

La belle Zélie, Ingres, 1806

Les Romantiques

Attribué à Delacroix, Autoportrait, XIXe siècle

Claude Marie Dubufe, Mme Rampal, XIXe siècle

Joseph Désiré Court, La vénitienne masquée ou la loge, 1837 (vous avez remarqué qu’elle n’est pas masquée… Et je te mets du noeunoeud, des rubans et du rose partout…)

Joseph-Désiré Court, Portrait de la Marquise Chasseloup-Laubat, 1831 (avec des détails des bijoux, qui sont superbes !)

Les Pompiers

Amaury Duval, Baigneuse antique, XIXe siècle

Joseph-Désiré Court, Rigolette cherchant à se distraire pendant l’absence de Germain, 1844 (je crois que M. Court avait toujours le même modèle…)

Joseph-Désiré Court, Une glaneuse, 1841 (genre, les glaneuses sont habillées comme ça, et super pâles…. C’est bien un mec qui a peint ça tiens !)

Léon François Bénouville, Jeanne d’arc écoutant ses voix, XIXe siècle (franchement, de près son visage est celui d’une pin-up…Je vous jure)

Paul Delaroche, Jeanne d’arc malade, 1824

Evariste-Vital Luminais, Les énervés de Jumièges, XIXe siècle

Les Médiévistes

Isidore Patrois, Jeanne d’arc allant au supplice Rouen 1431, début XIXe siècle. (Détails, car ce tableau est immense, impossible de le photographier en un seul morceau!)

Duval-Le Camus, Macbeth et les sorcières, XIXe siècle

Jules-Joseph Lefèvre, Grisélidis (la prière), fin XIXe siècle (j’adore ce tableau, sorti des réserves grâce aux souhaits du public)

Les Mondains

Hagborg, Portrait d’une élégante, vers 1896

Ernest Duez, L’heure du bain au bord de la mer, 1894

Jacques-Emile Blanche, Jeune femme en blanc, vers 1886

Pierre Georges Jeanniot, Femme allongée sur un canapé lisant, vers 1900

Les Symbolistes

Paulus Bor, Figure allégorique, XVIIe siècle. Je l’ai mise dans les symbolistes même si ce n’est pas la même époque, tellement ce tableau est énigmatique : même les historiens d’art et les conservateurs n’ont pas trouvé d’explication à ce tableau, un vrai mystère !

Une salle entière consacrée à M. Auburtin, symboliste rouennais, qui avait visiblement un faible pour les jeunes nymphettes aux longs cheveux, les sirènes, et les satyres…

Henry Bellery Desfontaines pour des poèmes de Maurice de Guérin, 1901

Eugène Carrière, Femme nue allongée, début XXe siècle

Gustave Moreau, Diomède dévoré par ses chevaux, 1865

Géricault

Géricault, Etude anatomique

Géricault, Fragments anatomiques

Géricault, Tête de jeune homme mort

Alexandre Corréard, Géricault mourant, 1824

L’Exotisme Sanglant

Georges Clairin, Le massacre des Abencérages, 1874

Georges-Antoine Rochegrosse, Andromaque, 1883

Ma Favorite

Alfred Agache, Enigme, 1888

Belle soirée !

 

 

Fashion Editorial : Queen of Renaissance

J’adore la Renaissance, vous le savez maintenant… Et je suis tombée en amour devant ce shoot photo, avec ses couleurs magnifiques, et ces cheveux roux bouclés que les préraphaélites n’auraient pas reniés !

I adore the Renaissance, you know it now… And I fell in love in front of this photoshoot, with its magnificent colors, and these curly red hair which the Pre-Raphaelites would not have denied !

Magazine: Vogue China (January 2007)
Photographer: Pierluigi Maco
Model: Vlada Roslyakova

Belle journée !

Fashion Editorial : Style Renaissance, Vogue Japan

Il y a un style que j’adore voir dans les édito mode : la Renaissance (bon, le baroque et le XIXe c’est pas mal non plus ), revue et corrigée par de grands photographes, avec des vêtements actuels sublimes… Et cet édito mode en ai la preuve : la Renaissance est une formidable source d’inspiration pour les créateurs contemporains !

There is a style that I adore seeing in Fashion Editorial : the Renaissance (well, the baroque and the XIXth it’s not bad either), seen again and corrected by big photographers, with sublime current clothes … And this Fashion Editorial have the proof of it : the Renaissance is a great source of inspiration for the contemporary creators!

« Caroline’s Symphony » (Caroline Trentini) by Giampaolo Sgura, Vogue Japan, october 2015

Belle journée !